Le secteur de la microfinance au Mali : aperçu, performance et priorités

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L’actualité du secteur de la microfinance est dominée par la poursuite du plan d’urgence déclenché depuis 2015 dans le cadre de l’assainissement du secteur, l’adoption de la politique national et son plan d'action 2016-2020 , le  développement d'un mécanisme pérenne de refinancement des SFD et l’amélioration de la couverture des segments ruraux à travers la mise en marché de service financiers inclusifs 2. Elle aussi marquée par l'arrivée de nouveaux acteurs qui disposent de moyens importants (MICROCRED, PAMF et AMIFA) mais aussi un regain d'interet des banques commerciales pour les segments ruraux.

Le plan d'urgence fait suite à la crise qu'a connu le secteur suite à la faillite de certains réseaux et à la crise politico-sécuritaire. Ce faisant il engage les services de la Cellule de Contrôle et des Systèmes Financiers Décentralisés (CCS-SFD) dans un vaste chantier d'assainissement à travers la réalisation des audits des SFD en difficultés, la conduite de missions d'inspection, la mise en place des opérations de compensation au profit des déposants victimes de la banqueroute de certains SFD.  Suite à ces actions, 23 SFD ont fait l’objet de retrait d’agrément. 28 SFD sont classés comme SFD en difficultés. Il est attendu d’autres propositions de retraits.  Sur les 128 SFD enregistrés, moins de la moitié2 devrait survivre à cette opération d’assainissement. Dans le cadre des opérations de d’indemnisation des épargnants et salariés le Gouvernement a décaissé une première tranche de 1,4 milliard de FCFA, ce qui a permis le remboursement partiel de 10,000 épargnants du réseau Jemeni.  Le fait que 80% de ces épargnants soit dans la catégorie de petits épargnants (montant de dépôts entre 1 et 100,000FCFA) explique la méfiance et le manque de confiance de ces derniers dans le SFD.

L’adoption de la politique nationale de la microfinance avec son plan d’action quinquennal, sous l’impulsion et l’appui consistent du PMR vient combler un vide important en matière d’orientations claires pour le secteur.  Au-delà, la politique nationale de la microfinance offre un outil de pilotage à même d’améliorer la performance du secteur à travers la révision des arrangements institutionnels, la mise en place d’un système de suivi et de coordination performant et la définition de priorités en lien avec les orientations nationales en matière de développement et de relance économique.

Au 30 Septembre 2016, sur la base des 17 SFD ayant fourni les rapports trimestriels au CCS-SFD, on enregistrait 435 caisses pour 995,465 membres / bénéficiaires4 pour un encours de dépôt de 67,589,937,862 FCFA5, un encours de crédit de 88,923,015,032 FCFA, un montant total de créances en souffrance de 5,117,061,271 FCFA.  Malgré une amélioration notable par rapport aux périodes antérieures, le taux de dégradation du portefeuille brut reste très élevé, 5,4%. Ces indicateurs soulignent les défis clés que sont la mobilisation de l’épargne, la disponibilité de ressources prêtables et l’amélioration de la qualité du portefeuille.  Ces défis seront les mêmes qui caractériseront l’offre des produits financiers des SFD partenaires du projet FIER.  Les propositions de cette mission tiendront compte de ces limites et les initiatives en cours dans le secteur pour les relever.  

 

1Cf. Décret N°2016-0498 /P-RM du 7 Juillet 2016

2Services financiers inclusifs signifient que toutes les couches sociales peuvent profiter de toute une gamme de produits financiers, d’un épargne, d’un crédit, d‘une assurance, de paiements, de versements, car ils sont abordables et en même temps durables. Source : UNCDF. Rapport annuel 2010 de l’UNCDF, New York : UNCDF, 2011. Consultable en ligne ici

3Environ 48 seulement de l’avis des cadres de la Cellule de Contrôle et de Surveillance des Systèmes Financiers Décentralisés.

4Dont 642,781 hommes, 285,888 femmes et 66,796 groupements.

5Dont 43,492,102,255 FCFA  constitue le montant total des dépôts par les hommes, 14,699,286,111 dépôts par les femmes et 9,691,676,999 pour le montant de dépôts par les groupements.